La directive 2005/36/CE a été adoptée le 7 septembre 2005 par le Parlement européen et le Conseil. Elle établit les règles permettant à un État membre de reconnaître les qualifications professionnelles acquises dans un autre État membre de l’Union européenne.
L’objectif principal de la directive est de faciliter l’accès des travailleurs à l’exercice d’une profession réglementée dans un État membre autre que celui dans lequel ils ont obtenu leurs qualifications. Elle vise à leur permettre d’exercer leur activité dans les mêmes conditions que celles applicables aux ressortissants de l’État membre d’accueil.
Aperçu de la directive 2005/36/CE
Cette directive s’inscrit dans le cadre plus large de l’Union européenne relatif à la libre circulation des personnes et des services. Elle a pour objectif de simplifier les règles de reconnaissance des qualifications professionnelles et d’harmoniser les procédures entre les États membres, afin de faciliter la mobilité professionnelle et de lever les obstacles inutiles.
Ses principaux objectifs sont les suivants:
- Faciliter l’accès des travailleurs aux professions réglementées dans les autres États membres de l’UE;
- Assurer la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles;
- Réduire les obstacles administratifs à la mobilité professionnelle;
- Renforcer la coopération et la communication entre les autorités compétentes nationales responsables de la régulation professionnelle.
Champ d’application
Conformément à l’Article 2, la directive s’applique aux ressortissants d’un État membre souhaitant exercer, en tant que salariés ou travailleurs indépendants, une profession réglementée dans un autre État membre que celui où ils ont acquis leurs qualifications.
Selon l’article 3, on entend par «profession réglementée» une activité pour laquelle l’accès à l’emploi ou le droit d’exercer est directement ou indirectement contrôlé par la législation nationale. En pratique, cela signifie que la personne doit posséder certaines qualifications professionnelles pour exercer légalement.
La directive distingue deux modalités d’exercice dans un autre État membre:
- Prestation de services temporaire et occasionnelle: conformément à l’article 5, applicable lorsqu’un professionnel travaille dans un autre État membre pour une période courte ou occasionnelle. Dans ce cas, la reconnaissance formelle des qualifications n’est généralement pas exigée. Toutefois, si la profession affecte directement la santé publique ou la sécurité, l’État membre d’accueil peut effectuer un contrôle préalable des qualifications.
- Exercice stable de la profession: applicable lorsqu’un professionnel envisage de s’installer durablement dans un autre État membre et d’y travailler de façon continue. Dans ce cas, il est soumis aux procédures de reconnaissance prévues aux articles 10 et suivants.
Reconnaissance des qualifications professionnelles
Afin de garantir la libre prestation de services au sein de l’Union européenne, la directive prévoit deux systèmes principaux de reconnaissance des qualifications professionnelles:
- La reconnaissance automatique;
- La reconnaissance générale.
Ces systèmes permettent aux professionnels de se déplacer librement tout en maintenant des standards élevés de compétence et de sécurité.
Système de reconnaissance automatique
Un élément central de la directive est le système de reconnaissance automatique, applicable à certaines professions pour lesquelles l’UE a déjà fixé des exigences minimales de formation harmonisées.
Ces exigences sont définies dans la directive pour chaque profession et comprennent notamment:
- La durée minimale des études;
- Le niveau et le type de formation requis, incluant des éléments théoriques et pratiques;
- Les périodes obligatoires de stage ou d’expérience professionnelle.
Selon l’article 21, les États membres doivent reconnaître automatiquement les qualifications répondant à ces critères, notamment pour des professions ayant un impact direct sur la santé et la sécurité des citoyens.
Exemples de ces professions:
- Médecins;
- Infirmiers responsables de soins généraux;
- Chirurgiens-dentistes;
- Vétérinaires;
- Pharmaciens;
- Sages-femmes;
- Architectes.
Grâce à ce mécanisme, ces professionnels peuvent exercer dans d’autres États membres automatiquement, sans procédures supplémentaires.
Système général de reconnaissance
Pour les professions non couvertes par le système automatique, la directive prévoit un système général de reconnaissance des qualifications professionnelles
L’article 11 définit les «qualifications professionnelles» comme celles certifiées par des diplômes, certificats de compétence et/ou une expérience professionnelle pertinente. Les autorités compétentes considèrent:
- Formation théorique, telle que des cours, diplômes ou titres;
- Formation pratique ou périodes de stage;
- Expérience professionnelle documentée.
Dans ce système, à la fois les acquis académiques et l’expérience pratique documentée sont pris en compte.
L’autorité compétente de l’État membre d’accueil évalue la formation et l’expérience du demandeur et les compare aux exigences définies pour cette profession dans la législation nationale.
Si des différences significatives existent entre la formation reçue et les exigences de l’État membre d’accueil, l’autorité compétente peut imposer des mesures compensatoires.
Conformément à l’article 14, ces mesures peuvent inclure:
- Une période d’adaptation, pouvant aller jusqu’à trois ans, afin de combler les lacunes de formation;
- Une épreuve d’aptitude visant à vérifier les compétences professionnelles du demandeur.
Coopération entre les autorités nationales
L’article 56 de la directive prévoit une coopération étroite entre les autorités compétentes des États membres. Ils doivent partager en continu des informations concernant les qualifications professionnelles et le comportement professionnel.
Cette coopération permet aux autorités de:
- Vérifier l’authenticité des qualifications de formation;
- Prévenir les abus dans les procédures de reconnaissance;
- Garantir la transparence et la fiabilité des décisions de reconnaissance.
Exceptions et limitations
La directive prévoit certaines exceptions:
- Elle ne s’applique pas aux notaires nommés par acte officiel de l’État (article 2, paragraphe 3);
- Elle ne remplace pas les accords spécifiques entre États membres établissant des règles particulières pour certaines professions.
Mise en œuvre de la directive dans les États membres
La directive 2005/36/CE a été transposée dans le droit national de chaque État membre.
En Italie, elle a été mise en œuvre par le décret législatif n° 206 du 9 novembre 2007. Cette loi définit les procédures de reconnaissance des qualifications professionnelles obtenues dans d’autres États membres de l’UE. Elle identifie également les autorités compétentes chargées de l’évaluation, qui peuvent varier selon la profession. Ces autorités comprennent les ministères, les ordres professionnels et d’autres organismes publics responsables de la régulation des secteurs spécifiques.