Bruno Giordano, directeur de l’Inspection nationale du travail italienne, a déclaré : « Ce protocole bilatéral permet une collaboration mutuelle entre l’Inspection nationale du travail et son homologue roumaine afin de protéger les travailleurs des deux pays contre toutes les formes d’abus, d’exploitation et de mauvais traitements. Cela sera particulièrement utile pour lutter contre les fausses coopératives et les abus en matière de détachement international, qui constituent une fraude à l’égard de l’État providence. »
Les objectives du protocole
L’accord a été signé par le ministre du Travail et des Politiques sociales, Andrea Orlando, et le ministre du Travail et de la Solidarité sociale de Roumanie, Marius-Constantin Budai, et vise à améliorer la coopération entre les deux organismes de surveillance et de contrôle en ce qui concerne :
- La prévention et la lutte contre les activités illégales liées au détachement transnational, au travail non déclaré et à l’intermédiation illégale ;
- La protection des droits des travailleurs qui exercent des activités sur le territoire de l’autre État, en garantissant la bonne application des législations nationales respectives et des réglementations européennes.
Échange d’informations entre autorités
Afin de lutter contre le travail illégal, la discrimination et l’exploitation, l’Inspection nationale du travail italienne et l’Inspection du travail roumaine mettront en place un échange d’informations et de données concernant les entreprises opérant sur leurs territoires respectifs, avec une attention particulière pour les aspects suivants :
- Salaires et conditions de travail ;
- Irrégularités constatées lors des inspections, y compris les sanctions appliquées ;
- Identification des violations des droits des travailleurs découlant des législations nationales respectives et des réglementations européennes, y compris les cas de travail non déclaré, de détachement non authentique ou d’intermédiation illégale de main-d’œuvre d’un État vers le territoire d’un autre, ainsi que les mesures prises ;
- Respect des obligations actuelles en matière de santé et de sécurité sur le lieu de travail, y compris la prévention de la transmission du COVID-19, dans les limites des compétences et des fonctions du personnel d’inspection de chaque État ;
- Accidents du travail subis par des travailleurs d’un État sur le territoire de l’autre État, dans les limites des compétences et des obligations des autorités de contrôle concernées par le protocole d’accord.
L’impact sur le détachement transnational
La mise en œuvre de l’accord, pour lequel l’Italie et la Roumanie élaboreront un plan d’action commun, représente donc un renforcement supplémentaire des pouvoirs de contrôle des autorités italiennes et roumaines. Le non-respect des obligations liées au détachement transnational devient donc de plus en plus risqué : parallèlement aux mesures prévues par le décret-loi du 21 octobre 2021, ces dispositions renforcent en effet la lutte contre le travail illégal, le détachement non authentique et l’exploitation, en fournissant aux organismes d’inspection des outils plus efficaces pour vérifier le niveau de salaire versé aux travailleurs détachés et les conditions de travail appliquées.