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La CJUE limite les droits de recouvrement des employeurs en cas d’accidents transfrontaliers : arrêt dans l’affaire C-357/24 (Freistaat Bayern)

La Cour de justice de l'Union européenne a estimé que le droit de l'Union ne garantit pas aux employeurs le droit de se faire rembourser les coûts salariaux liés aux salariés en incapacité de travail à l'étranger, laissant ces demandes relevant des législations nationales et augmentant ainsi l'exposition au risque transfrontalier.
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Table des matières

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu son arrêt dans l’affaire Freistaat Bayern (C-357/24), clarifiant dans quelle mesure les employeurs peuvent récupérer les coûts salariaux versés aux employés incapables de travailler suite à un accident survenu dans un autre État membre de l’UE.

Contexte

Un employé de l’État allemand de Bavière a été blessé dans un accident de la route en Croatie. Pendant l’absence de l’employé, l’employeur a continué à verser sa rémunération et a ensuite cherché à récupérer ces coûts auprès de l’assureur du responsable, en vertu du droit allemand.

Cependant, le droit croate ne reconnaissait pas une telle demande de la part de l’employeur. Le tribunal croate saisissant a demandé si le règlement (CE) n° 883/2004 sur la coordination de la sécurité sociale exigeait la reconnaissance des droits de recouvrement de l’employeur à l’échelle transfrontalière.

La décision de la Cour

Dans son arrêt du 26 mars 2026, la CJUE a statué que :

1. Les employeurs ne sont pas des « institutions » au sens du règlement : la Cour a estimé qu’un employeur versant une rémunération continue ne peut être qualifié d’« institution fournissant des prestations » au sens des règles de coordination de la sécurité sociale de l’UE ;

2. La rémunération continue n’est pas considérée comme une prestation de sécurité sociale : les paiements effectués par un employeur pendant un arrêt maladie ne sont pas considérés comme des « prestations de maladie » au sens du règlement 883/2004 ;

3. Aucun droit automatique de recouvrement au niveau de l’UE : par conséquent, le droit de l’UE n’impose pas aux États membres de reconnaître le droit d’un employeur de récupérer ces coûts auprès des assureurs tiers dans des situations transfrontalières.

La décision laisse la question du recouvrement au droit national.

Implications pour la mobilité internationale

Cette décision a une pertinence immédiate pour les employeurs multinationaux gérant des effectifs mobiles au sein de l’UE :

  1. Exposition accrue aux coûts : les employeurs pourraient ne pas pouvoir récupérer les coûts salariaux engagés pendant l’incapacité d’un employé à l’étranger, sauf si le système juridique du pays d’accueil le permet explicitement.
  2. Fragmentation entre les États membres : la décision confirme que les droits de recouvrement varieront en fonction du droit local, ajoutant une complexité supplémentaire à la planification des affectations, aux modèles d’allocation des risques et à la structuration des assurances.
  3. Recours accru aux solutions d’assurance : en l’absence de mécanisme de recouvrement au niveau de l’UE, les employeurs devront peut-être réévaluer la couverture d’assurance responsabilité civile et accidents, s’assurer que les polices couvrent explicitement les incidents transfrontaliers, et aligner les politiques de mobilité sur les risques spécifiques à chaque juridiction.

Impact

L’arrêt de la CJUE dans l’affaire C-357/24 confirme que les employeurs ne peuvent pas compter sur le droit de l’UE pour récupérer les coûts salariaux versés pendant une absence pour maladie transfrontalière. Pour les programmes de mobilité internationale, cela marque un virage vers une plus grande rétention des risques financiers et la nécessité de stratégies proactives de gestion des risques.

Si vous avez besoin d’assistance sur des questions similaires concernant le droit du travail, la sécurité sociale ou les questions fiscales, n’hésitez pas à consulter notre page Mobilité internationale pour plus d’informations et à nous contacter via les formulaires dédiés.

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