Par la note prot. n° 4634 du 24 juin 2026, l’Inspection nationale du travail (INL) a fourni les premières indications opérationnelles concernant les modalités de récupération des crédits du permis, comme prévu par l’article 7 du Décret ministériel n° 132/2024.
Les principales indications fournies par l’INL sont résumées ci-dessous.
Composition de la Commission chargée de l’examen de la demande de récupération des crédits
L’article 7 du D.M. n° 132/2024 attribue l’examen des demandes de récupération des crédits du permis, dans les cas visés à l’article 27, paragraphe 10, du décret législatif du 9 avril 2008, n° 81, à une Commission territoriale composée de représentants de l’INL et de l’INAIL. Il est en outre précisé que les représentants des ASL et le représentant territorial des travailleurs pour la sécurité (RLST) sont invités à participer aux séances de cette Commission.
La note prot. n° 4634 précise que, aux fins de l’identification du représentant de l’ASL, le Directeur de la Direction interrégionale du travail compétente demandera à l’ASL territorialement compétente, déterminée en fonction du siège social de l’entreprise, le nom d’un expert en santé et sécurité au travail.
S’agissant de l’identification du RLST, dans l’attente de la base de données INAIL prévue par l’article 51, paragraphe 8-bis, la Commission identifiera le RLST en s’adressant à l’Organisme paritaire compétent, c’est-à-dire celui indiqué par l’entreprise dans le formulaire de demande de récupération des crédits.
Modalités de récupération des crédits du permis
Aux termes de l’article 7, paragraphe 1, du D.M. n° 132/2024, « la récupération de jusqu’à 15 crédits est subordonnée à l’évaluation de la Commission territoriale, compte tenu de l’accomplissement de l’obligation de formation relative aux cours en matière de santé et de sécurité sur les lieux de travail, par les personnes responsables d’au moins l’une des violations visées à l’annexe I-bis du décret législatif du 9 avril 2008, n° 81, ainsi que par les travailleurs employés sur le chantier ou les chantiers où ladite violation s’est produite, et de la réalisation éventuelle d’un ou plusieurs investissements en matière de santé et de sécurité au travail conformément à l’article 5, paragraphe 4, lettre a) ».
Formation en matière de santé et de sécurité
Par la note prot. n° 4634, l’INL précise que la formation nécessaire à la récupération des crédits doit être supplémentaire par rapport à celle déjà prévue par le D.Lgs. n° 81/2008 et ne peut pas être considérée comme valable aux fins de la formation de mise à jour ordinaire. Les cours devront être dispensés par des organismes de formation identifiés par l’Accord État-Régions du 17 avril 2025, à l’exclusion de l’employeur, et pourront se dérouler en présence ou en visioconférence synchrone, si la Commission ne considère pas cette modalité incompatible avec les objectifs de formation.
Les parcours de formation devront en outre respecter des exigences spécifiques : maximum 30 participants pour les cours en présence ou en visioconférence synchrone, contenus cohérents avec les violations ayant entraîné la déduction des crédits, formateurs possédant les conditions requises prévues par le D.I. du 6 mars 2013 et délivrance d’une attestation mentionnant, entre autres éléments, la formule « valable aux fins de la récupération des crédits ».
Aux fins de l’attribution des crédits, le cours doit se conclure par un test d’apprentissage réussi avec au moins 70 % de réponses correctes et le participant doit avoir suivi au moins 90 % des heures prévues. Chaque heure de formation donne droit à 0,25 crédit, avec arrondi au nombre entier inférieur (par exemple, 7 heures = 1,75 crédit, arrondi par défaut à 1 crédit).
Investissements en matière de santé et de sécurité au travail
La note accorde également une attention particulière aux investissements en matière de sécurité, qui doivent être soutenables sur les plans financier et organisationnel et cohérents avec la structure et la taille de l’entreprise. La Commission est appelée à les évaluer au regard des ressources économiques, de la capacité à réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles, ainsi que du type de violations constatées.
Parmi les investissements utiles figurent, par exemple, les systèmes de détection environnementale, les équipements de protection individuelle ou vêtements de travail intelligents, les technologies de surveillance sanitaire, les systèmes de robotique et d’automatisation, les drones pour les activités à haut risque et les méthodes pédagogiques fondées sur la réalité virtuelle, augmentée ou mixte. Les investissements réalisés au moyen de contributions publiques sont également considérés comme valables.
Pour l’attribution des crédits, la note prévoit une grille paramétrée sur le montant de l’investissement : 1 crédit pour les investissements compris entre 5 000 et 25 000 euros, 3 crédits pour les investissements compris entre 25 000,01 et 50 000 euros, et 6 crédits pour les investissements supérieurs à 50 000 euros.
Enfin, en ce qui concerne la demande de récupération des crédits, l’INL précise que l’entreprise ou le travailleur indépendant intéressé devra présenter la demande de récupération des crédits en utilisant les formulaires joints à la note et en décrivant la proposition relative aux crédits déduits, par exemple en termes de formation, d’investissements et de délais.
La demande devra être transmise par voie télématique à l’adresse PEC de l’Office territorial de l’Inspection du travail auprès duquel siège la Commission, y compris par l’intermédiaire de l’association de représentation.