Une réforme attendue pour la mobilité des travailleurs
Le 30 avril 2026, la Commission européenne a salué l’accord politique trouvé sur la révision des règles de l’UE relatives à la coordination de la sécurité sociale, le considérant comme une étape importante vers la modernisation du cadre régissant la mobilité des travailleurs au sein de l’Union européenne. La réforme vise à adapter les règles actuelles aux réalités du marché du travail tout en garantissant une mobilité équitable et une meilleure protection des travailleurs se déplaçant entre États membres.
Le cadre actuel de coordination, principalement fondé sur les règlements (CE) n° 883/2004 et n° 987/2009, ne remplace pas les systèmes nationaux de sécurité sociale. Il garantit toutefois que les personnes exerçant leur droit à la libre circulation dans l’UE ne perdent pas l’accès à la protection sociale lorsqu’elles travaillent ou résident dans un autre État membre.
Selon la Commission européenne, environ 16 millions de citoyens de l’UE vivent ou travaillent actuellement dans un autre État membre que le leur, ce qui souligne l’importance de règles claires et actualisées.
Des règles renforcées sur le détachement des travailleurs
L’un des principaux domaines concernés par la réforme est le détachement des travailleurs. Les nouvelles règles visent à renforcer la sécurité juridique et à prévenir les pratiques abusives liées aux détachements transfrontaliers.
Parmi les principales modifications figure l’obligation pour les travailleurs d’être affiliés au système de sécurité sociale de l’État membre d’envoi pendant au moins trois mois avant le début du détachement. En outre, après 24 mois de détachement, un délai obligatoire de deux mois sera imposé entre deux périodes de détachement concernant le même travailleur et la même entreprise.
Les nouvelles règles prévoient également que les détachements doivent être notifiés avant leur mise en œuvre, à l’exception des voyages d’affaires et de certains détachements de courte durée allant jusqu’à trois jours en dehors du secteur de la construction.
Selon la Commission, ces mesures visent à renforcer la coopération administrative entre États membres et à améliorer la lutte contre la fraude et les abus des règles de coordination de la sécurité sociale.
Dispositions plus claires sur les prestations transfrontalières
La réforme met également à jour les règles relatives aux prestations de chômage pour les travailleurs transfrontaliers. Les personnes au chômage recherchant un emploi dans un autre État membre pourront notamment exporter leurs prestations de chômage pour une durée plus longue qu’actuellement.
Des clarifications supplémentaires concernent les prestations familiales et les prestations de soins de longue durée, domaines ayant souvent généré une incertitude juridique et des difficultés administratives pour les citoyens et les autorités. Le nouveau cadre devrait également simplifier les procédures et réduire les charges administratives pour les employeurs et les institutions.
Principes clés de la coordination européenne
Le système de coordination de la sécurité sociale de l’UE repose sur des principes fondamentaux visant à protéger les citoyens mobiles au sein de l’Union. Les personnes sont soumises à la législation d’un seul État membre à la fois et paient donc des cotisations dans un seul pays, tout en bénéficiant de l’égalité de traitement avec les ressortissants de cet État.
Les règles garantissent également que les périodes d’assurance, d’emploi ou de résidence accomplies dans différents États membres soient prises en compte pour la détermination des droits aux prestations. En outre, les citoyens ayant droit à certaines prestations en espèces, telles que les pensions ou les allocations familiales, peuvent généralement continuer à les percevoir même s’ils résident dans un autre État membre.
Prochaines étapes
Bien que l’accord politique constitue une étape majeure, les nouvelles règles doivent encore être formellement adoptées par le Parlement européen et le Conseil avant leur entrée en vigueur.
La Commission considère néanmoins cet accord comme une avancée importante en faveur d’une mobilité équitable et pour garantir que les règles de coordination de la sécurité sociale restent adaptées à un marché du travail européen de plus en plus mobile.